Stockholm à la carte – Guide pratique de la capitale suédoise

Le côté sombre de Stockholm : crimes à travers les siècles.

Stockholm, la capitale, a toujours attiré (dans l’espoir de trouver un emploi, une vie meilleure), même si elle est symbole de dangers, de crimes et de pauvreté, avec ses bandits, ses sans-abris et ses prostituées. Elle est surnommée « La Reine du lac Mälaren » ou « La Belle Pécheresse« . En fonction de l’époque, un crime n’a pas toujours eu la même importance et n’a pas toujours été puni de la même manière.

Crimes à Stockholm

Exposition « Skuggsidan » (le côté sombre) à Medeltidsmuseet

Les pendaisons

C’était sur Södermalm, le fameux quartier branché aujourd’hui que se situaient les potences à partir du 16ème siècle. À cette époque on était à l’extérieur du centre ville et les potences étaient installées sur les collines pour que l’on voit de loin les pendus. Les bourreaux étaient avant le 17ème des criminels ayant échappé à la peine de mort en choisissant d’exercer ce métier, méprisé par la population. Le bourreau le plus célèbre de Stockholm au 17ème a laissé son nom a une rue de Södermalm : Mäster Mikaels gata (la rue de Maître Mikael). Les exécutions étant un évènement à l’époque, les gens venaient y assister en masse. Il faut savoir que la pendaison était la forme d’exécution la plus simple mais aussi vue comme déshonorante alors que la décapitation était plus noble.

La chasse aux sorcières

Stockholm a aussi eu sa chasse aux sorcières, 8 femmes ont été exécutées en 1676 suite aux « procès des sorcières ». Certains des interrogatoires eurent lieu à Södra Stadshuset, qui abrite aujourd’hui Stadsmuseet (le musée de la ville) à Slussen. Ces femmes étaient accusées d’emmener des enfants à Blåkulla, un lieu connu où le Diable aurait festoyé avec les femmes et les enfants avant de pousser les enfants à le vénérer. La chasse aux sorcières commença dans le nord de la Suède où 300 personnes avaient été exécutées. Une des malheureusement célèbres condamnées est Malin Matsdotter, une femme de 60 ans accusée d’être une sorcière et brûlée vive en 1676 (la seule femme brûlée vive pendant le « procès des sorcières »). Malin Matsdotter est une des 2 dernières femmes a avoir été exécutée en tant que sorcière au 17ème siècle.

L’infanticide

L’infanticide était courant même s’il était puni très durement. En effet le risque de misère et la honte qui s’abbattaient sur les femmes ayant un enfant illégitime étaient tels qu’elles préféraient tuer leur nouveau-né. Une loi très stricte au 17ème interdit toute relation sexuelle en dehors du mariage, ce qui n’empêche pas certaines femmes de tomber enceintes (par accident ou suite à un viol). En cas d’infanticide c’est la peine de mort qui est encourue, au 17ème et 18ème siècle environ 10 personnes sont condamnées chaque année. Gustav III fait passer un Projet de Loi sur l’Infanticide en 1778 pour améliorer la vie des mères et de leurs enfants illégitimes, ce qui aide à réduire le nombre de nouveaux-nés tués. Le 7 novembre 2000 le corps d’un bébé momifié a été retrouvé dans un grenier à Södermalm. Il aurait été caché là entre 1900 et 1940.
Le terme « änglamakerska » (faiseuse d’ange) est ainsi devenu courant. Camilla Läckberg l’a utilisé pour un de ses romans (« Änglamakerskan » paru en 2011), mais dans ce cas le terme désigne une femme payée pour s’occuper de nouveaux-nés en les traitant si mal qu’ils en mourraient.

Les sentences autrefois… et aujourd’hui en Suède

-Pour meurtre :
En 1587 : condamnation à la peine de mort
En 2013 : éventuellement prison à perpétuité (il y a 147 personnes emprisonnées à vie en Suède)

-Pour avortement :
En 1823 : peine de prison entre 6 mois et 6 ans
En 1938 : l’avortement est autorisé en cas de maladie sérieuse ou si le foetus a des malformations (d’après la première loi sur l’avortement en Suède)

-Pour relation homosexuelle :
En 1944 : l’homosuexalité était considéré comme une maladie, on pouvait être envoyé dans un hôpital psychiatrique et éventuellement castré
En 2009 : le mariage homosexuel est autorisé et reconnu par l’église suédoise

-Pour infidélité :
En 1800 : peine de prison entre 6 mois et 2 ans
En 2011 : le site de rencontre (pour infidèles) Victoria Milan incite a avoir un(e) amant(e).

Quelques chiffres

À Stockholm à la fin du 16ème siècle, entre 56 et 80 meurtres pour 100 000 habitants étaient commis. Vers la moitié du 17ème ce chiffre passe à 10 meurtres pour 100 000 habitants. Aujourd’hui dans tout le pays le taux est descendu à 0,9 meurtre pour 100 000 habitants, le taux étant resté constant depuis la fin des années 70. Par contre le nombre de crimes violents reportés a fortement augmenté depuis cette période. Mais de nos jours les médias et les débats publics accordent une place énorme aux crimes, démesurée par rapport à leur augmentation. En 2011 les crimes les plus reportés sont : les vols, le vandalisme et les crimes liés à l’alcool ou aux narcotiques. En 2012, 1,4 millions de crimes sont signalés en Suède, les plus courant étant les vols (38%) puis les crimes contre la personne (18%).

Pour finir : la peine de mort a été abolie en Suède en 1972 (dernière exécution en 1910).

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